Pourquoi un consultant a besoin d’un logiciel de facturation adapté
Contrairement à un artisan ou un commerçant, le consultant ne vend ni matière ni stock : il facture du temps et de l’expertise. Sa facturation s’organise donc autour de modèles spécifiques : le taux journalier moyen (TJM) facturé en régie selon le nombre de jours réellement prestés, le forfait de mission (livrable défini à prix fixe), ou encore l’abonnement récurrent pour du conseil au long cours. Chacun de ces modes implique un suivi différent : décompte des jours, relevés d’activité (CRA), facturation à l’avancement ou échéancier mensuel.
S’ajoutent des enjeux propres à l’activité intellectuelle : le suivi du temps passé pour mesurer la rentabilité réelle d’une mission, la refacturation de frais (déplacements, hébergement) au client, la gestion de la TVA dès que les seuils de franchise sont dépassés, et la récurrence des prestations avec des clients réguliers qu’il faut relancer et fidéliser. Le consultant travaillant souvent avec des grands comptes et des entreprises, il sera par ailleurs concerné très concrètement par la facturation électronique obligatoire. Un bon logiciel lui fait gagner un temps précieux et professionnalise la relation client.
Critères pour bien choisir son logiciel de facturation consultant
- Facturation au TJM et décompte des jours : pouvoir facturer un nombre de jours × un taux journalier, avec un compte rendu d’activité clair, indispensable pour les missions en régie.
- Suivi du temps et de la rentabilité : un time-tracking intégré permet de comparer le temps réellement passé au temps facturé et de mesurer la marge réelle de chaque mission.
- Facturation récurrente et abonnements : automatiser l’émission mensuelle pour les missions au long cours ou les contrats de conseil récurrents, sans ressaisie.
- Devis et propositions commerciales soignés : le consultant vend une expertise immatérielle ; un devis structuré et professionnel renforce la crédibilité et le taux de signature.
- Refacturation de frais et notes de frais : intégrer déplacements, hébergement et frais de mission à la facture client, avec justificatifs.
- Conformité Plateforme Agréée 2026 : à partir du 1er septembre 2026, toutes les entreprises doivent recevoir des factures électroniques. L’émission deviendra obligatoire pour les indépendants et TPE au 1er septembre 2027.
- Relances et suivi des paiements : les consultants facturent souvent des grands comptes aux délais de paiement longs ; des relances automatiques sécurisent la trésorerie.
Quel logiciel choisir selon votre situation ?

Tous les consultants n’ont pas la même structure ni les mêmes besoins. Voici nos recommandations selon votre profil :
- Consultant auto-entrepreneur débutant : Abby ou Indy, gratuits et agréés Plateforme Agréée DGFiP, avec déclaration Urssaf intégrée. Parfait pour facturer ses premières missions sans frais.
- Consultant freelance facturant au temps passé : Freebe pour son time-tracking intégré et sa gestion fine des prestations facturées à la journée ou à l’heure.
- Consultant en société (EURL/SASU) avec TVA : Pennylane ou Axonaut apportent CRM, devis multi-options, facturation récurrente et comptabilité, utiles dès que l’activité se structure.
- Consultant travaillant avec des grands comptes : Axonaut ou Evoliz gèrent bien les missions en régie, la refacturation de frais et les délais de paiement longs des grandes entreprises.
- Consultant souhaitant centraliser compte pro et facturation : Qonto ou Tiime combinent compte professionnel, facturation électronique et pré-comptabilité, avec une offre de facturation gratuite chez Tiime.
- Consultant en lien étroit avec un expert-comptable : Azopio ou @iPaidThat fluidifient les échanges avec le cabinet et automatisent la collecte des factures fournisseurs.
TJM, forfait ou régie : structurer sa facturation de consultant
La principale spécificité du consultant est qu’il existe plusieurs façons de facturer une même prestation, et chacune appelle un traitement différent dans le logiciel. En régie, vous facturez un nombre de jours réellement travaillés multiplié par votre taux journalier moyen (TJM) : le compte rendu d’activité (CRA) sert alors de base à la facture, et le logiciel doit pouvoir générer une facture mensuelle reprenant ces jours. C’est le modèle dominant chez les consultants IT et en management.
Au forfait, vous vous engagez sur un livrable à prix fixe : la facturation suit alors un échéancier (acompte à la commande, situations intermédiaires, solde à la livraison), un peu comme un chantier. Enfin, l’abonnement de conseil (rétainer mensuel, conseil récurrent) repose sur une facturation automatique périodique. Un bon logiciel consultant doit savoir gérer ces trois logiques, idéalement avec du suivi de temps pour vérifier que votre TJM couvre bien le temps réellement investi. C’est ce qui distingue un simple outil de facturation d’un véritable outil de pilotage d’activité.
Réforme 2026 : ce qui change pour un consultant
À partir du 1er septembre 2026, toutes les entreprises françaises, y compris les consultants indépendants, devront être capables de recevoir des factures électroniques via une Plateforme Agréée (anciennement PDP). L’obligation d’émission de factures électroniques s’appliquera ensuite progressivement : grandes entreprises et ETI dès septembre 2026, puis TPE, PME, indépendants et micro-entreprises au 1er septembre 2027.
Ce point est particulièrement sensible pour les consultants, car ils facturent majoritairement des clients professionnels (entreprises, grands comptes, ETI), donc en B2B. Concrètement, un consultant ne pourra plus envoyer une simple facture PDF par e-mail : la facture devra transiter par une Plateforme Agréée, dans un format normé (Factur-X, UBL ou CII). De plus, vos clients grands comptes étant soumis à l’obligation d’émission dès septembre 2026, vous recevrez très tôt des factures électroniques de leur part. Choisir aujourd’hui un logiciel déjà agréé PA est donc une priorité pour un consultant.
Questions fréquentes
Quel logiciel de facturation gratuit pour un consultant ?
Indy et Abby proposent une offre gratuite agréée Plateforme Agréée DGFiP, avec facturation électronique illimitée et déclaration Urssaf intégrée. Tiime et Henrri offrent aussi une facturation gratuite. Pour un consultant auto-entrepreneur qui démarre, ce sont les choix les plus économiques tout en étant conformes à 2026.
Comment facturer une prestation au TJM ?
Vous indiquez sur la facture le nombre de jours prestés et votre taux journalier moyen, le logiciel calculant automatiquement le total. La plupart des outils permettent d’adosser un compte rendu d’activité (CRA) à la facture pour justifier les jours auprès du client. Des solutions comme Freebe ou Axonaut facilitent ce mode de facturation en régie.
Un consultant doit-il facturer la TVA ?
En franchise en base de TVA (sous les seuils en vigueur), le consultant facture sans TVA avec la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI ». Au-delà des seuils ou sur option, il facture la TVA au taux normal de 20 %. Pour des prestations facturées à des clients étrangers, des règles d’autoliquidation peuvent s’appliquer. Un bon logiciel applique automatiquement le bon régime selon votre situation.
Comment gérer la facturation récurrente d’un contrat de conseil ?
Les logiciels comme Pennylane, Axonaut ou Evoliz permettent de paramétrer des factures récurrentes (mensuelles, trimestrielles) émises et envoyées automatiquement. C’est idéal pour les missions de conseil au long cours ou les rétainers mensuels, qui évitent de recréer la facture à chaque échéance.
Peut-on suivre le temps passé sur une mission ?
Oui, plusieurs outils intègrent un time-tracking permettant de chronométrer ou de saisir le temps par mission et par client. C’est précieux pour vérifier la rentabilité réelle d’un forfait et ajuster son TJM. Freebe est particulièrement apprécié des freelances pour cette fonction.
La facturation électronique 2026 concerne-t-elle les consultants ?
Oui, et de façon particulièrement directe puisque les consultants facturent surtout des entreprises (B2B). Dès le 1er septembre 2026, tout consultant devra pouvoir recevoir des factures électroniques via une Plateforme Agréée, et devra les émettre au plus tard au 1er septembre 2027. Comme vos clients grands comptes émettront dès 2026, mieux vaut s’équiper tôt d’un logiciel agréé PA.
Comment refacturer des frais de mission à un client ?
Les frais de déplacement, d’hébergement ou de repas engagés pour une mission peuvent être refacturés au client, avec justificatifs. Les logiciels de gestion (Axonaut, Evoliz, @iPaidThat) permettent d’ajouter ces frais à la facture de mission, parfois directement depuis un module de notes de frais avec capture des justificatifs.
Sélection mise à jour en juin 2026 · Statuts Plateforme Agréée vérifiés sur la liste officielle DGFiP · Avis utilisateurs analysés sur Trustpilot et Capterra.